From Port Angeles to Portland

Récit de notre périple quotidien du 3 au 20 avril 2013 (pour les francophones!!!)

« Debout à 4h30 du matin pour reprendre le ferry de Saltspring Island vers l’Ile de Vancouver, puis bus vers Victoria. Notre retard pour prendre le ferry vers Port Angeles, USA, nous évite le trop de questions à la douane. Je craignais ce passage mais les cyclistes fous ne sont pas trop des personnes suspectes. Traversée ensoleillée avec vue sur le massif des Olympiques, notre prochaine destination.

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Bienvenue à Fat Land
On en avait entendu parlé mais je suis impressionné par le nombre de personnes obèses, sortant avec le sourire au lèvres du fast-food et du supermarché avec leurs snacks et leurs sodas. Les 4×4 sont énormes, la voiture traditionnelle. N’essayez pas de chercher ici de petite voiture. Ne parlons pas des campings-car, taille de bus, qui tractent parfois un énorme 4×4 lui-même surmonté d’un porte-bagage.
Parfois, difficile de résister au Fish & Chips, Burgers et autres plats gras et très saucés. Mais dès qu’on en a l’occasion, pour sauvegarder nos estomacs, on cherche la verdure et les bonnes calories (car on fait du sport nous!).
Traversée du Parc national Olympique, merveille naturelle
Après avoir erré dans les rues de Port Angeles, nous rencontrons Gay Hunter et Rod Farlee au Centre de Visiteurs du Parc. Ils nous racontent l’histoire du Parc, sa mission et ses difficultés à préserver le patrimoine. Très enrichissant! Pour en savoir plus ce qu’on y a découvert, lire cet article.

On se dirige vers Elwha Valley où nous plantons la tente près d’un abri de Rangers, entourés d’arbres moussus. Très vite nous comprenons ce qui explique la présence de cette fameuse rain-forest tempérée : la pluie incessante et l’humidité tenace. On passer la journée suivante à pédaler sous une pluie continue. Notre équipement résistant à l’eau ne « résistera » pas longtemps. On est trempe jusqu’aux chaussettes. A-côtés de route assez dangereux aux abords de Crescent Lake, comme on nous avait prévenu. Les gros camions remplis de billes odorantes de cèdre dévalent en ne criant garde. Faut dire qu’avec la capuche et le casque, on a peu d’ouïe. Arrivée glauque à Forks, ville déprimée depuis le déclin de l’industrie forestière suite à la désignation du parc national. On rêve d’une nuit au chaud et surtout sèche. Miguel teste ses talents de négociateur en promouvant le projet à une réceptionniste d’une motel. Que cela ait fonctionné ou qu’elle ait eu pitié de nous, nous resterons finalement deux nuits au chaud et à l’oeil! Merci le Motel. La pluie ne cessant pas, nous allons visiter le musée de la tribu Makah, à Neah Bay, où nous recevons les témoignages de Kirk sur l’histoire poignante de la tribu (comme c’est malheureusement le cas pour toutes les populations indigènes « envahies »). Nous publierons bientôt un article au sujet de cette rencontre puissante.

Puis descente à La Push, désormais fameuse car c’est le lieu décrit dans le roman de Twilight. Les plages sont magnifiques, bafouées par les énormes vagues. Nous retrouvons vite la pluie alors que nous renfourchons les vélos, ce qui nous démotive à aller dans la Hoh Valley, préférant rejoindre la côte. On pieute sur un parking de la Ruby Beach après que les rares touristes à cette époque décampent. On y sera réveillés de bon matin par le Ranger « Ranger, come out please! », très poli! Finalement, bien que nous soyons dans le parc, et qu’on a campé juste à côté du panneau « camping interdit », il nous laissera sauf, compréhensif. La pluie a bon dos parfois! Une lodge nous permet de sécher encore nos vêtements et gants qui commencent à puer le phoque. On trace jusqu’à Quinault Lake et trouve tant bien que mal un lieu où poser notre tente sous l’abri des WC d’un camping fermé : sec, plat, tranquille et gratuit! Contents, on pourra profiter le lendemain de la rainforest et d’énormes spécimens de Red Cedar, de Sitka Spruce et de Douglas Fir.

En dehors du couvercle de protection…

Dès la sortie du parc, les paysages dévastés par les coupes rases de la forêt sont remarqués. A Aberdeen, village qui a vu la naissance d’un certain Kurt Cobain et du groupe Nirvana (on comprend pourquoi), la désolation des industries abandonnées (papeterie, scierie, pêche) et des habitants laissés inoccupés est palpable. On fuira sur les hauteurs chez notre super Couchsurfer Tyler dont on dévorera de fameuses enchilladas home-made. Nous repartons reposés, linge nettoyé, (comme souvent chez nos formidables hôtes de Couchsurfing, Warmshower ou du bord de la route) en direction de South Bend, capitale de l’huître.

Formidable côte de l’Oregon

Grâce à des hommes politiques sensibilisés à la cause environnementale, notamment le Gouverneur Oswald West, les côtes de l’Oregon sont facile d’accès au public et exceptionnellement bien préservées. Paysages de marécages dans la magnifique baie tentaculaire de Willapa. On trouvera un laquet (« petit lac » en tarnais) au bord de la route. Après une nuit agitée, on sort finalement de la tente trempée et le soleil sort. Café traditionnel du matin pris dans un charmant café de South Bend, avec le paysage de marée basse. Le circuit jusqu’à Ilwaco est superbe. On apprécie bien avec cette accalmie, malgré le vent de face. Miguel se découvre une âme de photographe naturaliste. Nous arrivons à destination chez Vera et Jim (Warmshower) qui nous accueillent comme des rois, avec une platrée de pâtes sauce tomate maison, Ici la doctrine est à l’équilibre électrolytique du sol pour faire pousser tout type de légumes. Et ça a l’air de marcher! Agronomie interventionniste à l’américaine. Restant deux nuits, nous profitons pour visiter la Péninsule de Long Beach, jusqu’à son extrêmité, où, enfin, j’aperçois une ourse et son ourson dans une piste enherbée! Wouah!!! Humm la soupe d’huître! De là nous continuerons la route vers Seaside, via Astoria, 1er lieu d’installation de Blancs sur la côte pacifique des E-U. Nous sommes en Oregon! La traversée des nombreux ponts enjambant les rivières sont dangereux avec les bourrasques de vent latéral. Chez Neil, notre warmshower, nous rencontrons une équipe d’adolescents joueurs d’échec. Désormais, ce sont les giboulées qui nous accueillent sur cette partie de côte fouettée par le vent dominant du Nord-ouest. Joli détour par le State park d’Ecola avec ses plages à perte de vue et les rochers promontoires. Cette fois, le ranger ne fait pas cas de notre squat près du parking de cet autre State park. Nous prenons donc le temps du petit déj malgré le frais et d’une petite balade matinale sur la plage déserte. Prochaine étape dans la baie de Tillamook, renommée pour ses paysages verdoyant tondus par des milliers de bovins, et sa fameuse crèmerie/glacerie. Nous faisons escale chez Dee et Mark peu avant la ville, en bordure de la baie. Je fais une extra-excursion à vide vers le Cap Meares, traçant à 30 km/h de moyenne (ça change!). Nos hôtes de fortune partagent de bons oeufs de poule et des légumes du jardin naissant. Dernier tronçon de route, traversant la Coast Range, pour rejoindre la ville de Portland. Le col de 1596 feet est atteint sans souci, devant plutôt se préoccuper de slalomer entre les grosses gouttes de pluies orageuses. La descente du col est extra, au milieu de la forêt fraîche. On choisit une variante pour rejoindre Portland via Forest Grove, petite bourgade bohème et verte. Première tentative de dégustation du célèbre Pinot noir chez Montinore, très décevante. Ayant enfin trouvé un endroit où crêcher à Portland, nous fonçons à travers les avenues qui deviennent de plus en plus larges et occupées. Vive la ville!

Laid-back & Eco-friendly Portland

Le super GPS en mode vélo nous fera ainsi presque faire le tour de la ville pour enfin arriver, épuisés, chez Ana Maria et Wim chez qui nous resterons finalement quatre jours pour apprécier comme il se doit la vivante Portland! Très vite, nous nous sentons bien dans la ville parcourue de milles cyclistes en tous genres. Les gens sont souriants, avenants, aimables. La ville lovée dans les méandres de la rivière Willamette, est un mélange réussi d’espaces verts multi-usages, de vieux bâtiments industriels rénovés et de nouveaux buildings eco-design. La ville est un bouillon de culture et d’innovation, et ça se sent! Autour d’une bière d’une micro-brasserie locale, on discutera d’agriculture et d’alimentation durables avec l’ancien président du mouvement Slowfood à Portland. Avant notre départ, et de remercier chaleureusement nos hôtes warmshower, nous tapons à la porte de l’organisation Ecotrust dont nous avions eu vent. Dans son super bâtiment eco-design et durable certifié LEED, cet hybride ONG-bureau d’étude où il a l’air faire bon travailler, nous expose rapidement ses champs d’action à propos des communautés natives, de la forêt, des rivières ou encore de l’alimentation/agriculture. Reposés, linge nettoyé, le sourire aux lèvres, nous sommes boostés pour continuer l’aventure surtout avec les prévisions météo qui semblent enfin sourire elles-aussi!

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