TRAVERSÉE DE L’AMAZONIE PAR L’AMAZONE (1/2)

Arrivé à Huanuco, puis Tingo Maria par une route asphaltée mais complètement défoncée, pire qu’un chemin de terre. Descente vertigineuse d’altitude, des 5000 mètres de la Cordillère blanche à 200 mètres seulement à Pucallpa. Dixième ville péruvienne, elle est très désorganisée et sale. J’arrive après une journée marathon de plus de 165 km, à travers la chaleur pesante. Dès les 10 heures du matin, la chaleur est étouffante. Quand j’ai le malheur de m’arrêter, il m’est difficile de repartir tellement je me sens mou de moiteur, abattu par cette chape de plomb.

Familia bacan de Huanuco

Familia bacan de Huanuco

Aguaytia, relindo

Aguaytia, relindo

Mais pour arriver à Pucallpa, je dois m’y remettre. Beaucoup plus tranquille la ville d’Aguaytia, en bordure du fleuve du même nom. Ses habitants souriants, joyeux et aimables. Une ville de pêche et de commerce, profitant de la manne du bois tropical et de la palme à huile. A ce sujet, bien que soit déboisée de manière illégale des surfaces immenses de forêt tropicale pour installer cette monoculture, le gouvernement péruvien vient d’octroyer de nouvelles concessions pour la multiplier, notamment dans les départements amazoniens : Ucayali et Loreto.
Je ne resterai à Pucallpa que pour m’y reposer un peu, pas pour visiter. De toute façon, les environs ne sont pas très attirants. Avec un peu d’appréhension, je me prépare à me lancer dans la traversée de l’Amazonie par voie fluviale, de Pucallpa – Pérou – à Manaus – Brésil. Un long voyage qui me permettra, je l’espère, de me reposer du vélo, de rencontrer des communautés indigènes et ses écosystèmes, animaux et flore, et de rejoindre le Brésil pour donner une touche un peu plus festive à mon aventure. C’est aussi l’occasion de réaliser un de mes rêves, de descendre le plus long fleuve du Monde, ce fleuve bordé de mythes et de mystères.

 

Accompagnée pour l’occasion d’une française baroudeuse (décidément les français sont les champions du voyage aventuresque), nous nous préparons à une première traversée de 4 jours jusqu’à Iquitos, Pérou. Nous partirons avec un jour plus tard que la prévision et que notre arrivée. Une nuit à l’as entassés dans un cargo surchargé de marchandises, vivres et passagers, en direction de cette ville quasi insulaire au milieu de la selva. Une nourriture quasi de prison peu variée à base de riz, banane plantain et poulet empêchera les excès. De toute façon, on ne se dépense pas beaucoup à bord. A part manger, j’apprends à m’occuper à ne rien faire, ce que j’ai toujours du mal à faire. Ecrire mon journal de bord, jouer aux cartes avec les amis gringos rencontrés à bord, déguster un apéritif au rhum, faire la sieste (du moins essayer), discuter avec les passagers sont quelques-unes de mes occupations. A travers une forêt de hamacs, tendus dans tous les sens dans les deux étages passagers, je rencontre ces péruviens bien aimables et attachants. Moi qui croyais que le trajet serait plutôt difficile, voire dangereux, je me suis trompé.

Du bord, on apprécie la vue sur la forêt inondée qui borde l’Ucayali. Quasi aucun relief, ce qui empêche de voir qu’elle est à perte de vue. A l’aube et au crépuscule, le passage de milliers d’oiseaux est un vrai spectacle. Les cumulo-nimbus se parent alors de couleurs rougeoyantes, des cathédrales incandescentes qui semblent flotter sur l’eau de la rivière. De nuit, je peux enfin profiter d’un ciel dégagé pour admirer les étoiles et constellations de l’hémisphère Sud. Nuits sommaires, balancées par la brise, et toujours écourtées par un réveil brusque de la musique stridente péruvienne. Les latinos n’ont pas la même perception du bruit que nous autres européens, ni la même notion du respect d’autrui. J’ai du mal à m’y faire et suis parfois bien remonté, demandant de baisser le son alors qu’il est minuit. On me répond alors « Pourquoi? ». Dans la nuit, sans s’en rendre compte, nous sommes entrés sur l’Amazone, à partir du point de confluence entre l’Ucayali et le Marañon. Arrivés à Iquitos à l’aube, accueillis par une tempête de pluie tropicale. (Suite bientôt…)

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