BRASIL EXPRESS (1/2) FR

Un bol d’air frais et d’harmonie avec la nature à Alter do Chão, petite bourgade alternative au bord du rio Tapajos et de Santarem. Arrivé à Belem après un dernier transport en ferry cauchemardesque, petite virée culinaire au marché Ver-o-Peso. Je déguste un açai avec poisson grillé, un peu salé à mon goût. Le lendemain, ce sera une maniçoba, autre plat typique de la région. Je reprends les rennes du vélo direction l’Etat du Maranhão. Les routes sont rectilignes et la chaleur accablante. Je me réfugie dans les routes de campagnes moins transitées pour rejoindre Alcantara. Cette ville fortifiée construite par les esclaves est un musée ouvert ou chaque rue veut parler des horreurs du passé. Aujourd’hui les descendants vivent paisiblement dans cette bourgade tranquille aux façades dépeintes et aux rues pavées (terribles pour les cyclistes). Je rejoins d’un coup de barque la capitale São Luiz, fondée par les français au début du 17ème siècle. Classée au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, elle présente la collection la plus importante d’azuleijos hors du Portugal. Ces céramiques murales qui colorent les façades de centaines de maisons particulières et de bâtiments sont bien dégradées par la main de l’homme moderne et le temps. Le gouvernement du Maranhão tient aussi le pompon de l’Etat le plus corrompu du Brésil, c’est pour dire! J’assiste ce soir-là à un huet de la foule lorsque le préfet inaugure une place du centre historique.

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La sortie de la ville, comme à chaque fois, est difficile, nerveuse et dangereuse. Mais cette fois, je crois pouvoir dire que c’est la route la plus dangereuse de mon itinéraire. Cette 1×1 voie avec un trafic intense de gros camions, sans accotements et défoncée de trous a été un cauchemar. Jusqu’à ce qu’un trou me fasse sauter une sacoche qui se cassa sur le bitume. Juste le temps de réagir pour courir sauver les affaires avant que le prochain convoi passe à toute vitesse. Jusqu’à Barreirinhas, capitale du Lençois Maranhenses, ce sont de longues lignes droites et l’apparition des dunes. Ce désert est une merveille de la nature et j’y expérimenta l’aventure avec un grand A (Voir récit ICI). Je dois traverser des sentiers de sable impossible à pédaler. Je ne peux plus avancer sans poser le pied. Une camionnette passe et je tente l’autostop. Je regrette déjà d’être passé par ce sentier impraticable qui est un long détour. Mais je me fais déjà embarquer et vais changer mes plans de la journée. On passera l’après midi à se baigner avec toute la famille au bord d’une rivière fraîche, et à se combler la panse de bonnes choses que chaque membre de la famille a apporté. Je suis l’invité de fortune, le fou qui traverse le continent à vélo. J’ai l’habitude maintenant! Après un transport véloce en camionnette, crispé à tenir la bicyclette dans tous ces mouvements, je fais une pause chez Kleane à Paulino Neves.

La région côtière suivante est celle du Delta das Americas, zone de mangroves. Passage rapide par la seconde ville du Piaui : Parnaiba. Puis entrée dans l’Etat du Ceara. La végétation change, devient plus aride. C’est la caatinga. Des énormes monolithes de granite surgissent de la plaine. Les fameuses fêtes de juin (festas juninas) se préparent, mais j’arrive chaque fois au mauvais moment! Pas de chance. Je passe à proximité de Jericocoara, autre lieu alternatif où on développe un tourisme plus ou moins respectueux de l’environnement, avec des plages paradisiaques et des dunes de sable. Mais je zappe. J’ai quand même pu voir ces belles plages sur le spot de windsurf près d’Itarema où je pourrai poser la tente de nuit chez Guajiru Kitesafari. C’est un bel exemple d’éco-lodge très bien intégré à l’environnement. Et en plus, c’est beau. Nuits suivantes, autres rencontres. Je me fais héberger sans problème par plusieurs familles dans des petits hameaux du bord de route. Juste le temps d’expliquer ma requête, et ils m’ouvrent la porte pour installer la tente ou bien me reposer sur un matelas. L’hospitalité brésilienne est une belle réalité, encore vivante de nos jours (du moins à la campagne). Ainsi, j’ai l’occasion de partager des moments sympathiques avec ces familles, de jouer avec les enfants, de changer le monde avec des paroles…

Arrivé à Fortaleza de nuit, traversant des quartiers peu fréquentables surtout un dimanche soir. Direction la station de pompiers ou je camperai dans le grand gymnase intérieur. Puis je rencontrerai à l’improviste João et Maria sur le quai du port de pêcheur qui s’apprête à célébrer la São Pedro. Ils sont intrigués par ma monture. Je finirai par passer une semaine merveilleuse en leur compagnie dans leur maison de famille. Premier trajet en bus traversant la caatinga sèche et quelques montagnes pour rejoindre Salvador de Bahia, ancienne capitale du Brésil.

Salvador de Bahia, ville cosmopolite (avec certains airs de Marseille) à la gastronomie délicieuse, rythmée par la musique et l’expression corporelle. La capoeira en est son emblème. Mais c’est bien plus que cela Salvador… J’ai adoré! Les bahianais sont très chaleureux. Bon après c’est vrai que pour la première fois je ne me suis pas senti très rassuré à marcher seul dans les ruelles escarpées et colorées du Pelourinho, le centre historique. Un long crochet pour remonter jusqu’au Parc national de la Chapada diamantina, un bijou dans un écrin de verdure. Des canyons, des cascades et des rivières fraiches, des plateaux soufflés par les vents. Un terrain de jeu parfait pour trail et treks. J’en ferai pendant 4 jours en autonomie même si les associations de guides me l’interdisent. Vale do Capão, autre lieu bien alternatif qui a un certain air de paradis. S’y retrouvent des amoureux de la nature et de la vie en partage venus des quatre coins du Monde. J’y aurais bien posé mes bagages… Des pistes poussiéreuses longent les crêtes occidentales du massif pour m’amener dans la bourgade tranquille de Mucugê.

Suite par ici du récit.

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2 réflexions sur “BRASIL EXPRESS (1/2) FR

  1. bibine dit :

    Que aventura!! Foi um grande prazer de compartilhar com vc todos esses momentos! Até mais 👋 beijos 😉

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