PATAGONIE DU BOUT DU MONDE (3/3)

Encore de la chance pour traverser le Lac O’Higgins en barcasse transportant du foin 🙂 car il se pût qu’il faille attendre des jours et des jours pour passer. Pressé de sortir du pays par la mauvaise humeur des gendarmes chiliens de Candelaria, accompagné par 4 argentines, un espagnol et un français, nous voilà ramenés à camper en espace libre, entre les douanes chiliennes et argentines. Officiellement, l’équipe d’aventuriers passe cette nuit en territoire de personne! Enfin il y a du monde là aussi, notamment les calafates : ces arbustes aux baies délicieuses et épines aiguisées. Aïe!

Lente progression vers les glaciers

Dur dur les derniers kilomètres de sentier pour rejoindre le Lac du Désert. Ce n’est pas fait pour les cyclistes ici. Encore moins avec une remorque. Bibi (ma bicyclette) souffre beaucoup pour se faufiler entre les racines des ñires et les troncs solides des coigües. La traversée de cette forêt enchantée et vierge est belle. Un dernier bain de boue dans une sagne et encore une traversée de ruisseau glacial pied nu et nous rejoignons le lac. La première vue des aiguilles du Chalten (Fitz Roy) nous fait tout oublier. Wouah! C’est sous ses feux rougeoyants au soleil couchant que nous camperons, viva Argentina! Encore un petit effort par une piste défoncée sillonnant le long d’une rivière saumonneuse que nous arrivons à la fin de la piste en terre à El Chalten.

Dès notre arrivée, le lieu annonce la couleur. Des empanadas délicieuses et onéreuses, une variété d’options pour prendre un café italien, des écritos en israéli plutôt qu’en anglais. Oui, il semblerait qu’on soit à Israëlandia tellement ils sont partout, et surtout ils se croient vraiment comme à la maison. Maintenant, je comprends mieux le pourquoi de leur réputation en cette terre qu’ils croient promise. Je fais une belle boucle dans le Parc des Glaciares jusqu’à la Laguna de los Tres, turquoise, sous les aiguilles du Chalten, puis la Laguna del Torres.

Mon enclin à pédaler diminue au fur et à mesure que les latitudes grandissent. Le froid? Sûrement. La fatigue? Assurément. La déconnexion du moment présent? Je pense aussi. Ce n’est pas toujours facile de profiter à 100% du moment présent, même dans des lieux parfaits. L’esprit est difficile à dompter et j’en paie les conséquences. Alors quand une camionnette s’offre pour m’emmener quelques kilomètres plus loin, m’évitant la fureur du vent, je n’hésite plus. Oui!!!! Ohé! El Calafate, temple du tourisme international. Ici, on dépense beaucoup d’argent, et on va voir le fameux Glacier Perito Moreno. Je me laisse aller au second « must do« , perplexe quant aux attraits de cet attrape-touristes. Impressionnants : le tarif de l’entrée, l’organisation de l’accès au site, le système de passerelles.

De retour en terres chiliennes, à Puerto Natales, dans la région de Magallanes. Je suis dans ce charmant village, comme tous les touristes, pour aller balader sous les tours imposantes des Torres del Paine. Le parc national et la réserve de biosphère du même nom est un autre paradis du randonneur. Alors je troque sans problème mes sacoches et Bibi par un sac à dos de 70 litres chargé à bloc pour réaliser la boucle du « O ». Malgré la fin de la haute saison touristique, c’est la procession sur certains tronçons. Une fois passé la foule et une sale douleur à la hanche, je me laisserai enivrer par ces paysages sauvages. Ça, c’est la Patagonie que je m’imaginais! En guise de cadeau d’anniversaire, de belles rencontres, notamment celles avec un Huemul et un Condor. Du col, s’ouvre alors la vue sur la langue du glacier Grey, qui semble littéralement couler dans la vallée. Wouah!

Clin d’œil à Ma Terre depuis le Bout du Monde

Je suis tout près du « Bout du Monde », ou plutôt du continent : Ushuaïa sur l’île de Terre de Feu. Pourtant, je n’y arriverai pas, faute d’ambition. Je me contenterai d’une pause à Punta Arenas, au Chili, et de l’ascension du Mont Tarn. Au-delà du symbole que contient son nom, je savourerai chaque embourbement dans les sagnes et les tourbières, chaque glissade dans la boue, chaque bourrasque de vent et de grésil, chaque passage dans ces forêts enchanteresses avant d’atteindre ses 850 mètres. De là haut, on surplombe le Détroit de Magellan qui sépare le continent de l’île de Terre de Feu.

La Nature règne en maître sus ces derniers espaces vierges, peu affectés par la main (sale) de l’Homme. Pour combien de temps alors que la course vers les ressources naturelles des régions polaires est bel et bien engagée?? Avant de rejoindre la plage qui mène au phare San Isidro, à l’orée d’un bois, un rugissement puissant qu’inattendu, me glace le sang et m’immobilise instantanément. Serait-ce un puma? Je n’irai pas fureter davantage : je ne suis pas chez moi mais chez Eux! Comme les pingouins qui ont commencé leur migration vers le nord, je me résous à remonter aussi. Il y aurait beaucoup à faire et découvrir par ces terres, mais les températures plus clémentes me rappellent. Bientôt, je serai dans la Péninsule Valdés pour attendre les pingouins en escale de leur voyage, eux aussi!

Publicités

Une réflexion sur “PATAGONIE DU BOUT DU MONDE (3/3)

Share a Comment!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s