Tourisme communautaire Yarumo Blanco à Otun-Quimbaya (2/2)

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé la Colombie et ses habitants. A « Otun Quimbaya », dont le nom résonnait si bien lorsque je le lisais ma carte d’orientation, ce fût e lieu d’un de mes coup de cœur. Grâce aux contacts trouvé de ci de là, j’ai appris la connaissance d’un exemple avancé de tourisme communautaire en Colombie, situé au pied des contreforts de la chaîne andine centrale, et du parc national de los Nevados. Plusieurs fois primé au titre du tourisme durable et communautaire, j’ai essayé de rencontrer les acteurs de l’association communautaire « Yarumo blanco », du nom d’un arbre qui peuple la forêt sub-andine, véritable « supermarché » pour de nombreuses espèces animales. Une rencontre qui m’aura donné l’occasion de découvrir des paysages époustouflants, de nombreuses espèces et surtout des personnes attachantes desquelles il m’aura été difficile de me séparer.yarumo
Les Quimbayas étaient une civilisation précolombienne qui vivait dans les montagnes et les collines andines. De savants chasseurs-cueilleurs, agriculteurs et orfèvres de l’or. Ils ont une connaissance et des usages importants des plantes médicinales des hauteurs andines. Ils n’auront pas survécu à l’invasion européenne.

Sanctuaire de faune et de flore Otun-Quimbaya

Dès 1940 débute un programme pilote de reboisement du bassin versant de la rivière Otun, qui alimente la ville de Pereira à la démographie galopante. Il s’agit de protéger ce bassin et les écosystèmes associés des activités humaines destructrices, depuis sa source (lagune d’Otun) à la zone urbaine de Pereira situé 75 km en aval (aujourd’hui peuplée de plus de 800 000 habitants). En effet, la surexploitation forestière et la conversion agricole en élevage ont rapidement mis à nu ce territoire autrefois entièrement couvert par une forêt dense. C’était alors en quelque sorte la première aire naturelle protégée au pays!

Bons moments passés avec Maria (Parques nacionales de Colombia)  et Cristian (AC. Yarumo blanco)

Bons moments passés avec Maria (Parques nacionales de Colombia) et Cristian (AC. Yarumo blanco)

Grâce à ces efforts, il s’agit aujourd’hui du bassin versant le mieux conservé du pays. En 1996, date d’instauration du ministère de l’environnement de Colombie, la zone protégée devient un Sanctuaire de flore et de faune, une catégorie d’aire protégée de petite dimension pour conserver des espèces spécifiques. Les 485 hectares du sanctuaire héberge une quantité importante d’espèces : plus de 280 d’oiseaux, de 56 de mammifères. Il s’agit de tout temps d’un lieu d’investigation prioritaire, du fait de cette petite superficie et de la conservation la plus efficace.
Le sanctuaire est constitué d’une forêt sub-andine, situé entre 1750 et 2250 m d’altitude au pied d’un corridor écologique, succession d’aires naturelles protégées qui se poursuit jusqu’aux Andes avec le parc régional Ucumari puis le parc nacional de los Nevados.
Le sanctuaire est administré par Parques nacionales de Colombia, l’agence étatique qui gère les parcs nationaux du pays pour le compte du Ministère de l’environnement et du développement durable. L’équipe technique détachée pour le sanctuaire est placé sous la responsabilité d’un chef de section et d’un administrateur. Elle effectue la vigilance, l’entretien et la gestion des plantes invasives.
Une zonification permet de différencier le degré de conservation. La zone intangible est fermée au public. La zone de gestion est limitée aux recherches scientifiques. La zone d’usage permet l’accès du public. Trois sentiers thématiques permettent d’avoir un aperçu des écosystèmes du sanctuaire. La charge y est limitée à 130 visiteurs par jour.

Historique du projet

Le Directeur de l’association communautaire Yarumo blanco, Jaime Lopez résume bien aujourd’hui le souhait de ses voisins.

Le rêve de la communauté est de pouvoir se maintenir sur le territoire de leurs ancêtres et conserver son mode de vie rural

En scène avec les enfants d'une école départementale

En scène avec les enfants d’une école départementale

Le projet d’écotourisme qui leur a été confié est une chance pour pouvoir pérenniser la population. Le centre écotouristique est constitué d’un ensemble d’installations situés à l’entrée du sanctuaire : accueil et salle de jeu, restaurant et cuisines, chambres individuelles, dortoirs, laboratoire. Depuis 2009, l’association communautaire « Yarumo blanco » à but non lucratif est prestataire de services écotouristiques dans le Centre, mis en concession pour 10 ans par Parques nacionales de Colombia.

Cette association est composée de 26 membres adhérents des 7 quartiers du secteur rural de La Florida (municipalité de Pereira), correspondant à 7 familles. Les liens familiaux entre ses membres est un atout, mais en même temps un frein au développement interne. Jaime Lopez confesse même « qu’il est très complexe de travailler avec les communautés, surtout quand on en fait partie, car tous se connaissent, se jaugent ». Il est difficile d’impliquer toutes les membres équitablement et éviter la jalousie, et renforcer la méritocratie. Actuellement, 20 d’entre eux sont réellement « actifs ». « Il serait nécessaire d’organiser de manière plus formelle l’association » m’explique Jaime. Les statuts exigent à ce que chaque membre assiste aux ateliers, aux événements organisés et participer à au moins une journée par semestre de travail gratuit collectif. Good Practice!Jaime a proposé d’instaurer des tours volontaires qui permettent à chacun des membres actifs de faire plusieurs activités parmi la réception, la manutention, la logistique, la cuisine, le ménage et l’interprétation sur les sentiers pédestres.
Le Centre reçoit annuellement la visite d’au moins 30 000 touristes, dont moins de 20% sont étrangers. Cependant, le sanctuaire est davantage visité, puisque la route publique qui le traverse depuis le Centre empêche un comptage précis. Les installations possèdent une capacité de 80 personnes par nuitée.

Bénéfices locaux

 

Session nettoyage au centre écotouristique Otun Quimbaya

Session nettoyage au centre écotouristique Otun Quimbaya

Tout d’abord, 23 membres reçoivent une compensation économique pour leur travail au centre écotouristique. Parmi eux, 4 suivent des études et 7 ont une autre activité professionnelle. Le centre est une opportunité mais ne peut actuellement pas subvenir aux besoins des familles tout au long de l’année. Au-delà du travail des adhérents, d’autres prestataires de la communauté pour un aide saisonnière, fournir de l’artisanat ou encore transporter les touristes.
Good Practice!Au-delà de ces revenus, le projet permet aux membres de participer à des promenades, des événements, des repas, de se former en continu, de représenter l’association à l’extérieur, d’obtenir des prêts à taux zéro en case de besoin. A l’occasion du nouvel an, l’association offre quelque chose à chaque membre afin d’améliorer ses conditions de vie.

Reconnaissance et Enjeux

En 2014, l’Association communautaire Yarumo blanco, directeur du Sanctuaire de faune et de flore Otún Quimbaya, l’un des six expériences écotouristiques ‘un programme de Parques nacionales de Colombia, a été le gagnant dans la catégorie 4: « Meilleur projet au profit des communautés locales ». Cette reconnaissance est très important pour le secteur du tourisme du département de Risaralda qui reconnaît le travail de longue haleine de cette communauté au bénéfice du bassin versant de l’Otún et de la conservation des ressources naturelles. Ce projet devient ainsi une expérience modèle d’écotourisme en Colombie et très probablement en Amérique du Sud.

Le Centre a l’ambition de devenir dans les prochaines années un lieu de passage obligatoire pour les touristes visitant la région caféicole, dont Pereira est l’épicentre.
Les principaux enjeux du secteur est d’évaluer et gérer l’impact de l’écotourisme sur le milieu naturel (d’où la nécessité de renforcer l’éducation environnementale), ainsi que celui du réchauffement climatique.

En outre, la communauté doit:

  • Générer indicateurs pour permettre de mesurer l’impact de l’écotourisme sur le bassin versant de l’Otún.
  • Collaborer avec plus d’acteurs locaux et les institutions, les détaillants, les groupes environnementaux, les agriculteurs, la communauté.
  • Atteindre une plus grande couverture écotourisme avantages du développement économique, environnemental et social dans les zones d’influence des zones protégées.
  • Gérer des offres touristiques constantes pour l’enseignement académique et universitaire.
  • Répliquer les actions de conservation réussie autour des aires protégées.
  • Mettre en œuvre des actions et/ou des programmes pour assurer un changement générationnel, notamment à travers l’éducation communautaire à l’environnement.
  • Favoriser la création de groupes environnementaux et d’une stratégie locale d’éducation environnementale.
  • Promouvoir la culture locale, pour éviter la perte de l’identité.

Pour en savoir plus sur le projet, visitez le site www.yarumoblanco.co et la présentation du Centre.

Vous pouvez aussi lire d’autres articles sur la Colombie publiés sur le blog.

Grille tarifaire 2014

Grille tarifaire 2014

Publicités

Share a Comment!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s