UN PETIT TOUR PAR L’AMAZONIE EQUATORIENNE

Entré depuis la Colombie par Lago Agrio, province de Sucumbios, ou je trouve l’aide de Marcelo et de la Fédération sportive provinciale, je rejoins à la hâte Quito ou m’attend Marina. Tout juste le temps de prendre le pouls de cette région chamboulée par la frénésie du pétrole. Pas assez pour rencontrer les communautés qui se battent pour préserver leur patrimoine culturel et naturel, notamment contre la compagnie pétrolière Chevron qui y a dévasté impunément l’écosystème… Un lieu qui a pris le contre-pied de cette destruction pour reconstruire : la Clinica ambiental, pour « une réparation socio-environnementale ». Marina, ma pelmini préférée me fera sortir de mon mode de voyage à vélo. Pendant plus d’une semaine nous passerons de sites touristiques en auberges de jeunesse, à la rencontre des beautés de la vallée des volcans et de la Sierra, et aussi des gringos!

Après une escale française de trois mois, retour à Quito pour très vite à Baños, et l’Amazonie. Enfin pas si vite que ça vu que la pluie a repris ses droits. Puyo me charmera pas son calme, et malgré sa dose copieuse de pluie. Mérite le détour le parc ethnobotanique Omaere, le jardin botanique Las orquideas, et la Hosteria-Finca el Pigual. En bus et barque, je rejoindrai le projet Selva Viva – AmaZOOnico dans la province Napo, près de Tena. Un super de projet à la rescousse des animaux sylvestres issus du trafic illégal et de la forêt tropicale! Enfin, à Macas, après 2 jours de vélo. Je suis charmé par la tranquillité de cette petite ville, avec vue sur le volcan actif Sangay. Un bon café à la fondation Chankuap de commerce équitable. Un logis confortable grâce à l’amabilité et hospitalité des pompiers de Macas.

A Macas, et la province de Morona Santiago, c’est encore le balbutiement du tourisme, et de l’exploitation pétrolière… A noter le projet Monoil de chercheurs français (IRD – CNRS) travaillant actuellement sur l’impact socio-environnemental de l’industrie pétrolière, dont la province de Macas fait office de zone étalon, car pas encore salie par cette industrie. Peut être pas pour longtemps.

De l’envie de rentrer plus à l’intérieur de la forêt et de rencontrer des communautés indigènes, et de la rencontre opportune de Klever, nous nous dirigeons alors vers Taisha en avionnette. Un peu stressé vu le nombre de crash des mois précédents, mais bon le ciel tout découvert et la vue du volcan Sangay et de la mer de forêt me le font oublier. Taisha, village sans connection viale à la « civilisation », au beau milieu de la jungle, en territoire indigène Shuar et Ashuar. Moi qui voulais quelque chose de non touristique, je suis servi! Zéro tourisme. Aucune gestion touristique ou culturelle, malgré ce que laissait entendre la paroisse (équivalent de la municipalité). Dangereux!? Bon, on use des bons services d’Otilia pour se rapprocher d’une communauté Shuar. Après 2 heures de retard de notre pseudo guide, on ira finalement se tremper dans une rivière propre et paradisiaque. Pas plus que ça car « il faut prévoir une semaine à l’avance que la communauté s’organise » à ce qu’on dit, et aussi il faut se faire inviter (ce que je savais). Un peu décevant, ce cas extrême aura au moins l’intérêt de me montrer l’autre face du développement touristique. Le néant (et tranquillité), alors qu’il y a un potentiel touristique indéniable. Potentiel pour développer une alternative à l’élevage, qui bien qu’extensif, ronge les forêts tropicales, et à l’exploitation pétrolière qui risque bien de s’ouvrir avec la brèche de la construction d’une route reliant Taisha à la « civilisation », prévue pour 2016. Donc un second intérêt d’avoir connu cette localité avant un grand changement… pour sûrement quelque chose de pire pour le commun des mortels.

Retour en selle pour retourner dans la Sierra. Pour cela, il faudra monter pendant 3 journées éprouvantes plus de 2000 m, davantage en cumulé! Passant de l’humidité de la selva, aux prairies cultivées et verdoyantes de la Sierra. Impacts effroyables des méga projets hydroélectriques, miniers, défigurant le paysage et ne bénéficiant pas (ou trop peu) aux communautés locales, de leurs dires. Un balai de camions chargés de pierres seront mes seuls compagnons et trafic pendant la montée. Ah si, il y a aussi les crétins qui anticipent la folie du Carnaval et qui se disent « pourquoi pas jeter un bon seau d’eau à ce couillon de cycliste qui se régale sur la montée »!? Des bouffes qui se perdent, mais je ne les compte plus!

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